La toilette compostable

La toilette compostable ou comment recycler ses selles en humus pour favoriser un sol vivant.

Ce qui se passe dans nos toilettes est souvent un sujet tabou. Pourtant, tous les êtres vivants produisent chaque jour une quantité de matière organique nécessaire à l’abondance de la biodiversité sur la terre. Nous les humains y sommes inclus, c’est le cycle de la vie. Aujourd’hui, les toilettes à l’eau nous déresponsabilisent de notre matière organique. Nous l’envoyons dans les égouts et remettons la gestion plus tard par pleins d’employés sauf nous! Cette façon de faire a été démontré comme très polluante, énergivore et couteuse à perte. De nos jours, plusieurs scientifiques, des entreprises, les gouvernements et bien sûr les gens du peuple s’aventurent à trouver d’autres solutions à ce problème environnemental colossal.

Je tiens à vous présenter une façon de faire parmi tant d’autres. Elle est accessible, peu couteuse et redonne positivement à l’environnement sous forme de matière organique fertile (humus) à valeur ajoutée. Contrairement à la croyance populaire, ce n’est pas dégoutant puisque nous portons cette matière chaque jour à l’intérieur de notre corps. Elle fait partie de nous.

Voici un petit guide qui vise à s’y prendre de la bonne façon comme le voudrait mère nature en utilisant des principes qu’elle nous enseigne par son fonctionnement : Le compostage du fumier humain.

Principe de fonctionnement :

Le réceptacle de toilette est une chaudière de 5 galons servant d’outil de cueillette. Il n’y a pas de compostage dans la toilette. On verse 2 pouces de brin de scie de bois vert au fond de la chaudière. Nos besoins sont simplement recouverts d’une couche de brin de scie de bois vert à chaque utilisation.

Lorsque le réceptacle est plein, suite à 7 jours d’utilisation pour une personne, on le referme avec le couvercle et prend la chaudière pour en vider le contenu au composte. Ensuite, on lave le réceptacle sur place avec de l’eau et du savon artisanal biodégradable. On verse l’eau de lavage directement sur le compost. Et voilà, le réceptacle est prêt à l’emploi, à nouveau.

Le composte :

Le composte a besoin de quatre éléments pour bien fonctionner : de l’oxygène, une diète équilibrée, de l’humidité et de la chaleur.

Un ratio carbone azote équilibré est important pour maintenir l’activité biologique du composte. Un ratio d’environ 20-30 part de carbone pour une part d’azote est excellent. La matière carbone est souvent ajoutée sous forme de cellulose végétale, de paille, de feuilles mortes, de brin de scie, de bois raméal fragmenté et de résidus de tonte. Les retailles de table sont souvent déjà bien balancées en carbone et azote. Chaque fois qu’on ajoute de la matière organique au composte, il est nécessaire de la couvrir avec une matière carbone (paille, feuilles mortes, tonte de gazon) ainsi on emprisonne l’oxygène et l’humidité en favorisant la décomposition aérobique. Cette façon de procéder élimine toutes odeurs désagréables.

Pour composter notre production personnelle de matière organique quotidienne en toute sécurité, il y a deux principaux facteurs à tenir compte : La température et le temps. Selon la littérature scientifique, aucun organisme pathogène à l’humain potentiellement présent dans ses rejets ou dans le compost ne peut survivre plus de quelques heures dans un compost à 55 C*.

Lorsqu’on ajoute à notre compost la matière de notre réceptacle de toilette, nous ajoutons les nutriments et l’azote nécessaire pour nourrir la flore biologique. Cet ajout facilite à atteindre la température nécessaire de 55 c* pour composter en toute sécurité. Pour une qualité de composte optimale, on suggère une rétention de deux ans avant de l’utiliser. Une façon simple de détecter la présence de pathogène : Aller faire des tests de scelles à l’hôpital pour évaluer notre santé ainsi que faire des tests de notre composte en laboratoire une fois prêt, après 2 ans.

Alors que le processus de compostage se calme l’hiver, il est probable que la température baisse considérablement. La multiplication des pathogènes ainsi que celle des organismes bénéfiques au compostage est grandement ralenti. Les organismes pathogènes à l’humain ont besoin d’une température de 37 C* pour proliférer. Les risques de contamination en hiver sont pratiquement nul : le compost est en dormance. Au printemps en Mars, toute la matière accumulée durant l’hiver (en suivant le même protocole qu’en été) commence à chauffer. C’est reparti!

 

Protocole de compostage du fumier humain en toute sécurité :

Matériel :

– Réceptacle 5 galons de toilette

– Brin de scie de bois vert

– Lavette et savon

– Station de compostage extérieur

– Paille ou feuilles mortes

– Fourche a compost

– Thermomètre à composte

Le cycle d’entretien :

On retrouve toujours 2 pouces de brin de scie de bois vert au fond du réceptacle.

Après chaque utilisation, on couvre avec le brin de scie jusqu’à avoir une couche uniforme et ne plus voir nos besoins.

Lorsque plein : On vide le réceptacle dans le composte, on creuse ensuite à la manière d’un volcan au-dessus de la pile et on verse le contenu. On le couvre finalement avec de la paille, des feuilles mortes ou autre matière carbone. Il est important de ne plus rien voir du contenu qui a été versé. On lave le réceptacle avec du savon biodégradable et on vide l’eau de lavage par-dessus la pile du compost. L’eau est nécessaire car un composte qui chauffe a besoin d’humidité. À l’inverse, un composte sec ne peux pas chauffer efficacement.

Gérer son composte :

Toutes odeurs nauséabondes, infestations de vermine, mouches, moustiques sont des signes que le composte n’est pas bien géré. Il faut absolument intervenir et apprendre à bien faire son composte.

-Le composte doit être bien aéré; ajouter de la paille ou des feuilles mortes emprisonne l’oxygène ce qui lui permet de bien respirer.

-Avoir une barrière pour empêcher les animaux d’avoir accès au composte

-Ajouter toute la matière organique produite de la maison au composte (tout ce qui provient de la nature se composte). Cela favorise la diversité biologique microbienne.

-Garder le composte plat et recouvert de matière carbone (paille, feuilles mortes).

-Vérifier occasionnellement la température du composte à l’aide d’un thermomètre à tige 55C* pendant 2 jours, à la suite de chaque ajout de fumier humain au composte. On peut ainsi s’assurer que les pathogènes sont éliminés.

-Vérifier que le composte est humide, pas sec ni liquide. Ajouter de l’eau au besoin (eau de pluie).

-Laisser vieillir le composte deux ans avant de l’utiliser afin d’obtenir un produit de qualité.

-Lorsqu’on tourne le composte, on brise la couche thermophile qui chauffe sur le dessus de la pile. Cette couche est nécessaire pour composter son fumier en toute sécurité. Lorsqu’on tourne : S’il n’y a pas assez de masse organique, l’activité thermophile nécessaire à l’élimination des pathogènes sera rompue. On doit donc seulement tourner le composte si on a une grande masse de matière organique (environ 4pied par 4 pied minimum)

-Fabriquer un toit par-dessus le compost pour éviter les accumulations de neige et de fortes pluie.

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